Passer au contenu principal

Dre Caitlyn Vlasschaert, PhD

Directeur(s) de recherche : Dr Matthew Sampson
Prix : Bourse de postdoctorat KRESCENT
Établissement : Université Queen's à Kingston
Année : 2026-2028
Titre du l'étude : Les porteurs sont-ils vraiment épargnés? Variants monoalléliques dans le contexte rénal et risque de MRC
Sujet(s) : Génétique

Biographie

Caitlyn Vlasschaert est chercheuse-boursière de niveau postdoctoral en néphrologie à l’Université Queen’s au Canada et jeune clinicienne-chercheuse s’intéressant au rôle des variations génétiques héréditaires et acquises dans les maladies rénales. Elle a obtenu son doctorat pendant sa résidence en médecine interne, au cours de laquelle elle a étudié l’influence des mutations somatiques liées à l’âge dans les cellules sanguines sur les maladies rénales. Elle a publié plus de 70 articles, notamment dans des revues de premier plan, comme Nature, Nature Medicine, Nature Genetics, Cell Stem Cell, le Journal of Clinical Investigation, Circulation, Blood et le JASN. Ses travaux de recherche lui ont mérité plusieurs distinctions, dont le titre de « STAT Wunderkind » en 2024, le « Emerging-Generation Award » de l’American Society for Clinical Investigation en 2023, les prix de la meilleure présentation orale et « Innovation & Discovery » décernés par la Société canadienne de néphrologie en 2024 ainsi que la Médaille d’or académique universitaire de la gouverneure générale en 2024.

Résumé grand public

Contexte : La maladie rénale chronique (MRC) touche des millions de personnes dans le monde et progresse souvent de manière silencieuse pendant de nombreuses années. Bien des personnes ne sont diagnostiquées qu’après une dégradation importante et parfois irréversible de leur fonction rénale. Si le diabète, l’hypertension artérielle et le vieillissement sont des facteurs de risque bien connus, la génétique joue également un rôle important dans l’apparition d’une maladie rénale. Certaines maladies rénales sont causées par des mutations d’un seul gène et suivent un mode de transmission « récessif », ce qui signifie qu’une personne doit hériter de deux copies défectueuses d’un gène pour que la maladie se déclare. Les porteurs d’une seule copie défectueuse sont généralement considérés comme des personnes en bonne santé. Or, des études génétiques à grande échelle remettent de plus en plus en question cette hypothèse. Un nombre croissant de données donnent à penser que certains porteurs de gènes liés à une maladie rénale récessive pourraient présenter un risque accru de problèmes rénaux plus tard dans leur vie, même en l’absence d’une maladie génétique infantile classique. Cette possibilité a des conséquences importantes. Les membres de la famille d’un patient atteint d’une maladie rénale génétique sont souvent considérés comme des porteurs; on les rassure en leur disant qu’ils ne sont pas atteints et, dans certains cas, on les envisage comme des donneurs potentiels de rein de leur vivant. Si les porteurs présentent effectivement un risque accru de maladie rénale à long terme, les approches actuelles en matière de conseil génétique, d’évaluation des risques et d’évaluation des donneurs pourraient devoir être actualisées.

But : Nous visons à déterminer si les porteurs d'une seule copie défectueuse de gènes traditionnellement liés à une maladie rénale récessive présentent un risque accru de MRC à l'âge adulte. Nous cherchons également à comprendre pourquoi la maladie rénale survient chez certains porteurs et pas chez d’autres. Nous émettons l'hypothèse que le bagage génétique global et des problèmes de santé courants, comme le diabète et l'hypertension artérielle, influent sur ce risque. 

Méthodologie : Nous analyserons de vastes bases de données démographiques qui associent des données génétiques à des dossiers médicaux à long terme provenant de centaines de milliers de participants. Nous identifierons les porteurs d’une seule copie défectueuse de gènes associés à une maladie rénale et comparerons leurs résultats cliniques à ceux des non-porteurs. Nous nous concentrerons sur des gènes clés, comme NPHS1, COL4A3, COL4A4 et APOL1, tout en examinant de nombreux autres gènes liés aux reins. Nous vérifierons si le risque de maladie rénale chez les porteurs diffère en fonction du stade du diabète, de la tension artérielle, de l’ascendance et du risque génétique global. En intégrant les informations génétiques et cliniques, nous visons à développer des modèles permettant de prédire plus précisément quels porteurs sont les plus susceptibles de développer une MRC.

Résultats escomptés : Nous prévoyons identifier des gènes et des variants génétiques pour lesquels le statut de porteur augmente le risque de survenue d’une MRC à l'âge adulte. Nous espérons également déterminer comment le bagage génétique et certaines pathologies courantes modifient ce risque.

Mobilisation des patients  : Cette étude s'appuie sur des données génétiques et cliniques existantes; les patients ne participent donc pas directement à sa conception. Par ailleurs, les résultats seront communiqués aux associations de patients ainsi qu’aux partenaires cliniques et les travaux futurs tiendront compte de l’avis des patients pour orienter les stratégies en matière de counseling et de communication.

Pertinence pour les patients / la communauté : Cette recherche pourrait modifier la manière dont le statut de porteur est interprété. S'il s'avère que les porteurs présentent un risque plus élevé, ils pourraient bénéficier d'un suivi plus précoce et de soins préventifs. Les résultats pourraient également améliorer la sécurité du don de rein de son vivant et fournir aux familles des informations plus précises sur leur santé.

Conclusion : En redéfinissant la notion de « porteur », ce projet vise à améliorer le conseil génétique, à personnaliser l’évaluation des risques de maladie rénale et, en fin de compte, à promouvoir des soins plus précoces et plus efficaces dans le domaine rénal.