Hireé Dugassa
Directeur(s) de recherche : Dr Rahul Chanchlani
Prix : Bourse d'été KRESCENT
Établissement : Université McMaster
Année : 2026
Titre du l'étude : Quel niveau de fonction rénale faut-il pour se sentir à nouveau soi-même?
Biographie
Hireé Dugassa est étudiante en médecine à l’Université de la Colombie-Britannique et elle suit actuellement une formation au sein du Vancouver Fraser Medical Program. Titulaire d’un baccalauréat en sciences de la santé, elle s’est intéressée au cours de ces études au recoupement entre la médecine clinique, la recherche et l’équité en matière de santé. Née à Mississauga où elle a grandi, Hireé a toujours été fascinée par la médecine et désireuse de promouvoir l’équité dans ce domaine. Elle participe à des recherches cliniques et communautaires axées sur les disparités en matière de santé, avec un accent tout particulier sur l’amélioration de l’accès aux soins pour les populations marginalisées et sur la santé mondiale. Elle espère faire carrière dans un domaine alliant les soins aux patients, la défense de leurs droits et la recherche afin de lutter contre les inégalités systémiques dans le domaine des soins de santé. En dehors de la médecine, Hireé aime lire, voyager, découvrir de nouveaux cafés et aller au gym.
Résumé grand public
L'insuffisance rénale affecte presque tous les aspects de la vie d'une personne. Bien des gens finissent par dépendre de la dialyse, un traitement qui purifie le sang lorsque les reins ne sont plus capables de le faire. Ce traitement permet de rester en vie, mais il est éprouvant pour l'organisme et laisse souvent les patients épuisés et affaiblis. Une greffe de rein peut changer la donne, même si elle ne rétablit pas toujours tout. Même après une greffe réussie, de nombreuses personnes ont encore du mal à accomplir des tâches quotidiennes, comme monter des escaliers, porter leurs courses ou marcher sur de longues distances.
La meilleure façon de comprendre comment les patients se sentent est de leur poser la question. Les patients remplissent de brefs questionnaires qui évaluent leur capacité physique, c’est-à-dire la facilité avec laquelle ils accomplissent leurs activités quotidiennes. En plus de ces réponses, nous surveillons le fonctionnement du nouveau rein à l’aide d’une mesure appelée DFGe.
Des recherches ont montré qu’une fonction rénale réduite va souvent de pair avec une moins bonne capacité physique. Il reste toutefois à déterminer la nature exacte de ce lien. La capacité physique continue-t-elle de s’améliorer à mesure que le rein fonctionne mieux? Ou atteint-elle un seuil au-delà duquel une amélioration supplémentaire de la fonction rénale n’apporte plus grand-chose?
But : Notre objectif est de mettre en évidence le lien exact entre la fonction rénale et la capacité physique chez les personnes ayant bénéficié d'une greffe rénale. Nous souhaitons notamment déterminer s'il existe un seuil à partir duquel le patient ne ressent plus d’amélioration significative de sa force physique, même si sa fonction rénale continue de s'améliorer. L'identification de ce seuil aiderait les patients à mieux comprendre leurs propres progrès et permettrait aux équipes soignantes d'orienter leur soutien là où il serait le plus efficace.
Méthodologie : Nous utiliserons les informations que les patients greffés ont déjà fournies. Ce projet ne leur impose donc aucune contrainte supplémentaire : ni prélèvements, ni consultations. Pour chaque personne, nous disposerons à la fois d’un score lié à la capacité physique et d’une mesure de la fonction rénale.
Notre première étape consistera à représenter cette relation sous la forme d’une courbe lisse, plutôt que de classer les patients en grands groupes. Une courbe montre la véritable nature du lien.
Ensuite, nous examinerons de près une particularité inhabituelle des données. De nombreux patients ont en effet exactement le même score, ce qui peut se produire lorsque le questionnaire ne parvient pas à distinguer des personnes qui se portent toutes relativement bien. Nous vérifierons que cette tendance n’affecte pas nos résultats.
Nous prendrons ensuite en compte d’autres facteurs ayant une incidence sur la capacité physique, comme l’âge, d’autres problèmes de santé, le temps écoulé depuis la greffe et le type de donneur. Cela nous permettra de nous assurer que c’est bien la fonction rénale elle-même, et non un autre facteur, qui est à l’origine de ce que nous observons.
Enfin, nous évaluerons l’ampleur de ce changement par rapport à ce que les patients eux-mêmes considèrent comme une différence réelle et perceptible dans leur vie quotidienne.
Résultats escomptés : Nous nous attendons à confirmer qu’une fonction rénale dégradée s’accompagne d’une diminution de la capacité physique. L’aspect le plus intéressant réside dans la nature de ce lien : nous prévoyons une amélioration significative de la capacité physique à mesure que la fonction rénale s’améliore, puis une stabilisation au-delà de laquelle les gains supplémentaires sont minimes. Nous nous attendons également à ce que cette amélioration soit suffisamment importante pour que les patients la ressentent réellement dans leur vie quotidienne.
Mobilisation des patients : Comme ce projet s'appuie sur des informations que les patients ont déjà fournies, il ne nécessite pas de recruter de nouveaux participants; par conséquent, aucun patient partenaire n’est responsable de l'analyse proprement dite. Afin que ce travail reste ancré dans les expériences réelles des patients, nous prévoyons faire appel à des patients partenaires de deux façons : d'une part, pour nous aider à définir ce qui constitue un changement significatif en matière de capacité physique et, d'autre part, pour nous aider à présenter les résultats dans un langage clair et accessible à tous.
Pertinence pour les patients et la communauté : La voix des patients est au cœur de cette étude, puisque les scores proviennent directement de patients qui décrivent leur propre vie. Nos résultats pourraient aider les personnes ayant bénéficié d'une greffe à se fixer des attentes réalistes et à mieux comprendre comment leur corps réagit. Nos résultats pourraient également souligner davantage la nécessité de préserver la fonction rénale à long terme et aider les équipes soignantes à identifier les patients qui pourraient le plus bénéficier d'un soutien supplémentaire, comme des programmes d'activité physique avant ou après l'intervention chirurgicale.
Conclusion : En étant à l'écoute des patients et en examinant dans son ensemble le lien entre la fonction rénale et la capacité physique, nous espérons apporter des réponses plus claires quant aux niveaux de fonctionnement rénal qui comptent le plus pour aider les personnes à se sentir à nouveau en forme, actives et elles-mêmes.