Sayyad Ali
Directeur(s) de recherche : Dre Ana Konvalinka
Prix : Bourse d'été KRESCENT
Établissement : Réseau universitaire de la santé
Année : 2026
Titre du l'étude : Une avancée vers un dépistage plus précoce et de meilleurs traitements
Biographie
Sayyad Ali est étudiant en troisième année du baccalauréat spécialisé en sciences de la santé à l’Université d’Ottawa, où il suit un parcours préalable à la poursuite d’études en médecine. Il nourrit depuis longtemps un intérêt pour la chirurgie. Fort d’une expérience en recherche clinique bénévole et d’une participation à des projets de recherche cardiovasculaire et biomédicale, Sayyad a acquis de solides bases tant dans le domaine scientifique que clinique. Ses domaines d’intérêt universitaire sont la physiologie humaine, la chimie et l’anatomie et il se passionne pour les liens entre la recherche scientifique et les soins aux patients. En tant que stagiaire de recherche d’été KRESCENT 2026, Sayyad est impatient de contribuer à la recherche dans le domaine rénal sous la supervision de la Dre Ana Konvalinka à l’University Health Network de Toronto et d'acquérir les compétences nécessaires pour devenir médecin.
Résumé grand public
Au Canada, plus de quatre millions de personnes sont atteintes d’une maladie rénale. Pour celles dont les reins cessent de fonctionner, la greffe est le meilleur traitement disponible. Elle libère les patients de la dialyse et leur offre la possibilité de mener une vie normale. Cependant, les greffes sont difficiles à obtenir. Les patients peuvent en effet attendre des années avant de recevoir le rein d’un donneur. Lorsqu’un rein devient enfin disponible, le protéger devient l’objectif prioritaire.
Mais la greffe ne marque pas la fin du parcours. Le système immunitaire peut confondre le nouveau rein avec une menace et l’attaquer. L’une des formes les plus dangereuses de cette attaque est le rejet lié à des anticorps ou RLA. Dans le cas d’un RLA, le système immunitaire produit des protéines appelées anticorps qui endommagent les vaisseaux sanguins à l’intérieur du rein greffé.
Notre équipe au Toronto General Hospital cherche à comprendre précisément comment se déroule cette attaque.
But : Nous voulons comprendre exactement comment le système immunitaire attaque un rein greffé lors d'un RLA. Nous recherchons les protéines spécifiques présentes sur les cellules des vaisseaux sanguins du rein qui déclenchent cette attaque. Nous étudions également la manière dont les cellules immunitaires mènent cette attaque. Notre objectif est de bien comprendre ce processus afin d’aider à mettre au point de meilleurs traitements.
Méthodologie : Nous procédons en trois étapes.
Tout d’abord, nous cultivons en laboratoire des cellules de vaisseaux sanguins de reins humains. Ces cellules constituent la cible principale lors d'un RLA. Leur culture en laboratoire nous permet d’étudier le processus d’attaque dans un environnement contrôlé.
Ensuite, nous utilisons une technique appelée cytométrie en flux pour analyser les protéines présentes à la surface de ces cellules. La cytométrie en flux consiste à faire passer les cellules à travers un faisceau laser. Les signaux qui sont renvoyés nous indiquent quelles protéines sont présentes.
Enfin, nous effectuons des bioanalyses afin de mesurer la manière dont les cellules immunitaires attaquent les cellules des vaisseaux sanguins. Ces tests mettent en évidence deux types d’attaque : l’une où les cellules immunitaires détruisent les cellules des vaisseaux sanguins et l’autre où elles les ingèrent entièrement.
Résultats escomptés : Nous comptons identifier les protéines présentes sur les cellules des vaisseaux sanguins du rein déclenchent le plus fortement l'attaque immunitaire. Nous espérons également comprendre comment les cellules immunitaires mènent cette attaque : détruisent-elles directement les cellules des vaisseaux sanguins ou les ingèrent-elles? Comprendre ces étapes aidera les chercheurs à déterminer à quel stade le processus de rejet peut être interrompu et comment de futurs traitements pourraient le cibler.
Pertinence pour les patients et la communauté : La perte d’un greffon rénal est une épreuve terrible. Elle oblige à reprendre la dialyse ou à attendre des années avant de trouver un autre donneur. Cette situation a de graves répercussions sur la santé, la vie quotidienne et le bien-être psychologique des patients. De nombreux patients ne bénéficient pas d’une deuxième greffe. Pour certains, la perte de leur rein se traduit par une espérance de vie nettement plus courte. Le rejet est l’une des principales causes de l’échec des greffes à long terme. Il est souvent difficile d’enrayer le rejet une fois qu’il s’est déclenché. Nos recherches visent à mieux comprendre son mécanisme afin de pouvoir le cibler plus efficacement avec les futurs traitements. Nous améliorons ainsi directement les chances des patients de conserver leur rein et de profiter d’une bonne qualité de vie. C’est ce qui nous motive chaque jour dans notre travail.
Conclusion : Les greffes de rein sauvent des vies, mais le rejet met en péril ces avancées pour un trop grand nombre de patients. Notre équipe au Toronto General Hospital étudie les premières étapes de la réaction immunitaire afin de contribuer à changer cette situation. Grâce au soutien de La Fondation canadienne du rein dans le cadre du programme KRESCENT, nous nous employons à mieux comprendre le rejet et les moyens de le combattre. Chaque patient qui reçoit un rein mérite d’avoir les meilleures chances possibles de le conserver.