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Catherine Fortier, PhD

Prix : Bourse Nouveaux chercheurs KRESCENT
Établissement : Université Laval
Année : 2026-2029
Titre du l'étude : Favoriser un mode de vie actif chez les personnes atteintes de maladie rénale chronique
Sujet(s) : Maladie rénale chronique

Biographie

Catherine Fortier, Ph. D., est professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec - Université Laval. Elle a initialement complété une formation en physiologie de l’exercice clinique par une spécialisation en maladies cardiométaboliques. Ses travaux de maîtrise et de doctorat portaient sur le vieillissement vasculaire et les troubles du métabolisme minéral et osseux associés à la maladie rénale chronique. Elle a ensuite effectué un postdoctorat au cours duquel elle a approfondi son expertise en réadaptation par l’exercice ainsi qu’en évaluation et interprétation de la fonction vasculaire et de la pression artérielle.

En combinant ses compétences en physiologie de l’exercice clinique et en hémodynamique, elle vise à rassembler les données nécessaires pour faire de l’activité physique une composante à part entière des soins en néphrologie. Grâce à une bourse KRESCENT Nouveaux chercheurs, elle évaluera des interventions permettant aux patients d’intégrer l’activité physique en toute sécurité dans leur vie quotidienne et étudiera les réponses physiologiques périphériques à l’exercice intradialytique. Ses travaux visent à optimiser la sécurité, l’efficacité et les bienfaits à long terme de l’exercice sur la santé afin d’améliorer à terme la santé cardiovasculaire, la capacité fonctionnelle et la qualité de vie des personnes atteintes de maladie rénale chronique.

Résumé grand public

Contexte : Les personnes atteintes de maladie rénale chronique (MRC) présentes souvent des problèmes cardiaques, ce qui peut entraîner des visites fréquentes à l’hôpital et altérer leur qualité de vie. Il est important d’encourager l’activité physique chez ces personnes, car elle peut contribuer à ralentir leur perte musculaire, les aider à rester autonomes et maintenir le bon fonctionnement de leur cœur. Or, de nombreux patients atteints de MRC ont du mal à faire de l’exercice, ce qui signifie que souvent elles ne restent pas actives. Nous savons que l’exercice intradialytique est considéré par les patients comme une bonne option, malgré le risque potentiel d’une baisse trop importante de leur tension artérielle. Or, de nombreux services de néphrologie ne disposent pas des moyens financiers, d’une formation adéquate du personnel ou du temps protégé nécessaires pour maintenir ces programmes en place. On conseille alors aux patients de faire de l’exercice à domicile, même s’ils ne reçoivent pas de directives claires sur la manière d’en faire correctement et en toute sécurité. Il est important de trouver des moyens d’aider les patients à adopter un mode de vie actif, ce qui pourrait améliorer leur santé cardiaque et leur qualité de vie à long terme.

But : Ce projet vise à déterminer les meilleurs moyens d’aider les personnes atteintes de MRC à tirer profit de l’activité physique. Pour ce faire :

  1. Nous créerons des programmes qui donneront aux patients les outils et la confiance nécessaires pour intégrer l’activité physique à leur quotidien; et

  2. Nous étudierons les effets à court terme de l’exercice pendant la dialyse afin de mieux comprendre son impact sur l’organisme des personnes sous hémodialyse et ainsi d’améliorer la sécurité et l’efficacité de ces programmes.

Méthodologie : La première étude permettra d’évaluer des interventions visant à promouvoir un mode de vie actif chez les personnes sous hémodialyse sur une période de 12 semaines. Ces interventions, qui se dérouleront pendant les séances de dialyse, comprendront : soit a) une formation structurée sur l'activité physique, du soutien et une aide à la motivation, soit b) une supervision des exercices pendant l'hémodialyse, soit c) une combinaison des deux interventions. L’objectif est de déterminer laquelle des approches permet d'obtenir un meilleur maintien à long terme et de meilleurs effets bénéfiques sur la santé. La première approche – formation structurée sur l'activité physique, soutien et aide à la motivation – est conçue pour donner aux participants les compétences et la confiance nécessaires pour augmenter progressivement leur niveau d'activité physique jusqu'à atteindre les 150 minutes par semaine recommandées. La supervision des exercices pour les jambes (vélo et bandes élastiques) se fera pendant les séances d'hémodialyse. À la fin du programme, nous vérifierons si les changements observés dans l'activité physique sont suffisants pour améliorer la capacité physique et la santé vasculaire des participants. Notre équipe a développé des compétences spécialisées dans l'évaluation de la santé des vaisseaux sanguins. Tous les tests vasculaires sont non invasifs; ils sont effectués à l’aide de capteurs ou de sondes placés délicatement sur la peau. La deuxième étude permettra d’évaluer les vaisseaux sanguins et les changements de la pression artérielle de la tête aux pieds induits par le vélo pendant l'hémodialyse, afin de mieux comprendre pourquoi la pression artérielle peut devenir trop basse (ou trop élevée) lors de l'hémodialyse.

Résultats escomptés : Nous nous attendons à ce que notre combinaison d’interventions axées sur la motivation à faire de l’exercice et d’exercices supervisés encouragera davantage de personnes à rester actives, en leur permettant d’acquérir des compétences et de la confiance en soi, ce qui se traduira par des bénéfices durables pour leur santé. En mesurant avec précision le fonctionnement des vaisseaux sanguins et leur réponse, la deuxième étude nous aidera à mieux comprendre comment l’exercice pendant la dialyse affecte le cerveau et le cœur des patients sous hémodialyse, afin de nous permettre de mieux gérer ces défis.

Mobilisation des patients : Un volet important de ce programme de recherche consiste à aider les patients à comprendre qu'ils sont des partenaires actifs de leur propre santé. Mon objectif est de les aider à prendre en main leur maladie et de les soutenir pour qu'ils puissent avoir un certain degré de contrôle sur leur santé. Le programme de formation et de motivation repose sur des discussions ouvertes entre le kinésiologue et le patient. Ensemble, ils choisissent des objectifs concrets et s'efforcent de les atteindre étape par étape. Un partenaire pouvant témoigner de son vécu participe à chaque étape de ces projets, de la conception du protocole d’étude à la communication des résultats.

Pertinence pour les patients / la communauté : Ce projet de recherche est essentiel pour développer un programme efficace et cohérent de formation et de rééducation par l’exercice destiné aux patients atteints d’une maladie rénale. Il pourrait être étendu au-delà des centres spécialisés afin d’améliorer la santé de tous les patients atteints de MRC. En matière de soins cliniques, le deuxième projet permettra de mieux comprendre comment la rigidité des artères peut prédire le risque d’une tension artérielle anormale. Ces connaissances permettront de créer des programmes d’exercice personnalisés plus sécuritaires afin de réduire les effets secondaires et d’améliorer la santé des patients.