Dr Michael Reaume
Directeur(s) de recherche : Dr Navdeep Tangri
Prix : Bourse de postdoctorat KRESCENT
Établissement : Chronic Disease Innovation Centre, Université de Manitoba
Année : 2026-2028
Titre du l'étude : La maladie rénale chronique : la rémission est-elle possible?
Sujet(s) : Maladie rénale chronique
Biographie
Le Dr Michael Reaume est chercheur-boursier de niveau postdoctoral à l'Université du Manitoba. Il est titulaire d’un diplôme de médecine de l'Université d'Ottawa et d’une maîtrise en biostatistique de l'Université Queen's. Il a effectué sa résidence en médecine interne générale à l'Université du Manitoba, puis une formation spécialisée en néphrologie à l'Université d'Ottawa. Ses travaux de recherche portent sur l'épidémiologie de la maladie rénale chronique, l'équité en matière de santé et les services de santé dans le but d'améliorer la prise en charge des personnes atteintes d'une maladie rénale.
Résumé grand public
Contexte : On parle de maladie rénale chronique (MRC) lorsque les reins sont endommagés ou qu’ils ne fonctionnent pas correctement depuis au moins trois mois. La MRC est fréquente et touche environ un adulte sur sept dans le monde. La MRC peut causer des problèmes de santé graves, comme des crises cardiaques, l’insuffisance cardiaque et des accidents vasculaires cérébraux. La MRC peut également entraîner une insuffisance rénale, ce qui signifie que les reins cessent de fonctionner. Il s’agit d’une maladie grave qui nécessite le recours à des traitements de dialyse (à l’aide d’une machine qui purifie le sang plusieurs fois par semaine) ou à une greffe de rein. Le diabète est le principal facteur de risque de la MRC. Le diabète est à l’origine d’un tiers à la moitié de tous les cas de MRC; en fait, environ 40 % des personnes diabétiques seront atteintes de MRC au cours de leur vie. Par le passé, les médecins pensaient que la MRC évoluait toujours vers une aggravation chez les personnes diabétiques. Plus précisément, ils estimaient que les personnes atteintes de MRC et de diabète perdaient progressivement une partie de leur fonction rénale et présentaient une augmentation de la quantité de protéines dans l’urine, un autre signe de dégradation de la fonction rénale. Aujourd’hui, l’espoir est bien plus grand grâce à quatre types de médicaments protecteurs des reins (RASi, SGLT2i, nsMRA et GLP1-RA), qui ont considérablement amélioré la santé des personnes atteintes de MRC et de diabète. Les chercheurs ont d’abord mis au point ces médicaments pour traiter des affections telles que le diabète et l’hypertension artérielle, mais nous savons aujourd’hui qu’ils protègent également le cœur et les reins. Lorsqu’ils sont pris en association, ces médicaments peuvent stopper la détérioration de la fonction rénale. Mais ces médicaments ne sont pas parfaits et peuvent entraîner des effets secondaires, comme une élévation du taux de potassium dans le sang. Les médecins utilisent parfois le terme « rémission » pour désigner une maladie inactive ou sous contrôle. Par exemple, un cancer peut parfois être en rémission grâce à des traitements. Les médecins ne sont toutefois pas parvenus à un consensus sur ce que signifie la rémission pour les personnes atteintes de MRC. C’est un problème, car sans définition claire nous ne disposons pas d’objectifs thérapeutiques précis pour les personnes atteintes de MRC.
But : À l’heure actuelle, les médecins ne peuvent pas indiquer à leurs patients quand leur maladie rénale est inactive ou sous contrôle. Notre objectif est de changer cela. Nous voulons définir ce que signifie la « rémission » pour les personnes atteintes de MRC. Nous voulons également fixer des objectifs thérapeutiques clairs pour que les patients et les médecins sachent vers quoi tendre.
Méthodologie : Notre étude se compose de trois parties. Dans la partie 1, nous décrirons la prévalence de la MRC au Canada. Nous déterminerons également le nombre de personnes atteintes de MRC qui prennent des médicaments néphroprotecteurs. Pour répondre à cette question, nous utiliserons les données d’enquête récemment recueillies par Statistique Canada entre 2022 et 2024. Dans la partie 2, nous identifierons et décrirons les patients dont la maladie rénale est en rémission (ce qui, dans le cadre de notre étude, signifie que leur fonction rénale a cessé de se dégrader et qu’il n’y a plus de fuite de protéines dans l’urine). Nous consulterons les dossiers de santé provinciaux pour identifier ces patients. Dans les parties 1 et 2, nous étudierons d’abord l’ensemble des personnes atteintes de MRC, puis nous nous concentrerons sur celles qui sont atteintes à la fois de MRC et de diabète. Dans la partie 3, nous rechercherons les premiers signes de l’efficacité des médicaments protecteurs des reins. Pour ce faire, nous analyserons les données issues de deux essais cliniques (études dans lesquelles des chercheurs testent de nouveaux traitements sur des volontaires) portant sur des patients atteints de MRC et de diabète et ayant reçu de nouveaux médicaments protecteurs des reins.
Résultats escomptés : Nous espérons tirer quatre conclusions importantes de cette étude. Premièrement, la MRC est de plus en plus fréquente. Deuxièmement, de nombreuses personnes atteintes de MRC ne reçoivent pas de médicaments néphroprotecteurs qui pourraient les aider. Troisièmement, certaines personnes atteintes de MRC peuvent voir une rémission de leur maladie. Quatrièmement, nous pouvons déterminer quand les médicaments néphroprotecteurs sont efficaces et quand les patients pourraient bénéficier de l’ajout d’autres médicaments néphroprotecteurs.
Mobilisation des patients : Nous travaillerons en partenariat avec des personnes atteintes de MRC au Manitoba. Elles nous aideront à comprendre nos résultats et à les communiquer de façon claire et utile aux patients et à leurs familles.
Conclusion et pertinence pour les patients / la communauté : De nouveaux médicaments ont considérablement amélioré la santé des personnes atteintes de MRC. Cependant, malgré cette avancée, les médecins ne disposent toujours pas d’objectifs thérapeutiques clairs lorsqu’ils prennent en charge des patients atteints de MRC. Nous voulons remédier à cela. Nous voulons donner une définition de la rémission dans le cas de la MRC et établir des objectifs thérapeutiques pour que les patients et les médecins sachent vers quoi tendre. Nous pensons qu’au lieu de simplement essayer de ralentir la progression de la MRC, les patients et les médecins devraient viser la rémission. Notre objectif est de fournir des définitions claires et des objectifs thérapeutiques pour aider les patients et les professionnels de santé à travers le Canada, y compris les médecins de famille, qui prennent en charge la plupart des personnes atteintes de MRC.