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Dr Tae Won Yi, PhD

Directeur(s) de recherche : Dr David Cherney et Dre Adeera Levin
Prix : Bourse de postdoctorat KRESCENT
Établissement : Réseau universitaire de la santé
Année : 2026-2028
Titre du l'étude : Étude REDEFINE-CKD : effets sur le DFG et diminution de l'albuminurie sous finérénone chez les patients atteints de MRC de stade 4
Sujet(s) : Maladie rénale chronique

Biographie

Le Dr Tae Won Yi est néphrologue et chercheur-boursier postdoctoral à l'Université de Toronto dans le cadre du programme en maladies cardiovasculaires, rénales, endocriniennes et métaboliques. Il a suivi sa formation en médecine interne et en néphrologie à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, au Canada, et a obtenu un doctorat à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney, en Australie. Sa thèse portait sur l’amélioration de l’adoption des traitements fondés sur des données probantes dans le cadre de la maladie rénale chronique et du diabète. Ses domaines de recherche comprennent les essais cliniques et la science de la mise en œuvre, avec un accent particulier mis sur la production de données probantes et leur application à la pratique clinique courante.

Résumé grand public

Contexte : La maladie rénale chronique (MRC) touche environ quatre millions de personnes au Canada et plus de 49 000 d'entre elles souffrent d'insuffisance rénale. L'insuffisance rénale survient lorsque les reins ne parviennent plus à purifier le sang suffisamment pour permettre à une personne de survivre sans dialyse ou une greffe de rein. Outre l’atteinte rénale, l'insuffisance rénale entraîne un risque extrêmement élevé de problèmes cardiaques et de décès prématuré. Les personnes qui en souffrent se sentent souvent mal; elles doivent fréquemment se rendre à l'hôpital et leur vie quotidienne s’en trouve très perturbée. Cette situation a un impact considérable sur les familles et le système de santé. C’est pourquoi il est extrêmement important de ralentir la progression de la MRC. Le stade 4 de la MRC est l'avant-dernier stade avant l'insuffisance rénale. Chez de nombreuses personnes à ce stade, on note aussi une fuite de protéines dans l’urine, ce qui est un signe évident de la dégradation de la fonction rénale et un avertissement que la maladie pourrait continuer à s’aggraver. Des études ont montré que la réduction des protéines dans l’urine est associée à un ralentissement du déclin de la fonction rénale et à une diminution des problèmes cardiaques. Les personnes atteintes d’une MRC de stade 4 se trouvent à un tournant critique où un traitement pourrait encore retarder de manière significative l'insuffisance rénale. Cependant, de nombreux essais cliniques importants les ont exclues parce qu’elles sont plus susceptibles d’avoir des taux élevés de potassium dans le sang. Un taux élevé de potassium peut en effet être dangereux, car il affecte le rythme cardiaque. Au cours des dernières années, un nouveau médicament, la finérénone, s’est révélé capable de ralentir la dégradation de la fonction rénale et de réduire les problèmes cardiaques chez les personnes aux premiers stades de la MRC. Les personnes atteintes d’une MRC de stade 4 n’ont toutefois pas été incluses dans ces études, car la finérénone peut augmenter le taux de potassium. Nous ne savons donc pas si ce médicament est sûr ou utile pour les patients qui en auraient le plus besoin. Les personnes atteintes d’une MRC de stade 4 sont particulièrement exposées à des risques sanitaires très élevés et disposent de très peu de médicaments efficaces. Des progrès récents permettent aujourd’hui aux médecins de mieux contrôler les taux de potassium. De nouveaux médicaments qui réduisent le taux de potassium sont disponibles et se sont révélés sûrs et efficaces. De plus, il a été démontré que la finérénone est moins susceptible d’entraîner des taux élevés de potassium dans le sang que les médicaments plus anciens de la même classe. L’ensemble de ces avancées offre la possibilité d’étudier la finérénone en toute sécurité chez les personnes atteintes d’une MRC avancée et de combler une lacune importante dans les connaissances.

But : L'étude pilote REDEFINE-CKD visera à déterminer si la finérénone permet de réduire en toute sécurité les protéines dans l'urine chez les personnes atteintes d'une MRC de stade 4. Nous évaluerons également si une surveillance rigoureuse du potassium peut permettre d’utiliser ce traitement en toute sécurité pour les patients présentant un risque accru de problèmes de potassium et si cette approche est facile à mettre en œuvre.

Méthodologie : Nous recruterons 154 adultes dans six centres universitaires de santé à travers le Canada. Les participants seront des adultes atteints d’une MRC de stade 4 et présentant un taux élevé de protéines dans l’urine, mais dont les taux de potassium sont normaux au début de l’étude. Ils seront répartis de manière aléatoire pour recevoir de la finérénone ou un placebo (un comprimé d’apparence identique ne contenant aucun principe actif). Tous les participants feront l’objet d’une surveillance stricte du potassium. Si les taux de potassium commencent à augmenter, nous ajusterons rapidement le traitement et utiliserons des médicaments pour réduire le potassium si cela s’avère nécessaire. Cette approche vise à garantir la sécurité des patients tout en nous permettant de tester le médicament.

Résultats escomptés : Nous prévoyons que, par rapport au placebo, la finérénone réduira les taux de protéines dans l’urine au bout de six mois. Nous prévoyons également que, grâce à une surveillance attentive, le médicament pourra être utilisé en toute sécurité sans entraîner des taux de potassium dangereux et que ce plan de surveillance sera bien accueilli.

Mobilisation des patients : Quatre patients partenaires ont contribué à la conception de cette étude. Ils ont approuvé la stratégie de surveillance du potassium, qui comprend des analyses sanguines fréquentes et le recours à des médicaments pour abaisser les taux de potassium au besoin. Ils ont convenu que la réduction des protéines dans l’urine constituait un résultat significatif, car elle indiquerait un ralentissement de la détérioration de la fonction rénale. Ils ont également indiqué que les patients pourraient accepter un certain risque s’il existe une chance réelle de retarder l’apparition de l'insuffisance rénale et d’éviter la dialyse.

Pertinence pour les patients / la communauté : Les personnes atteintes d’une MRC de stade 4 disposent d’options thérapeutiques limitées et sont exposées à un risque élevé d'insuffisance rénale et d’événements cardiovasculaires. Cette étude vise à changer cette situation. Retarder l'insuffisance rénale pourrait signifier plus de temps sans dialyse, moins de visites à l’hôpital, une meilleure qualité de vie et une réduction des coûts de santé.

Conclusion : Les personnes atteintes d’une MRC de stade 4 présentent un risque élevé, mais elles ont été sous-représentées dans la recherche. L’étude pilote REDEFINE-CKD permettra de tester si la finérénone peut réduire en toute sécurité la dégradation de la fonction rénale chez ce groupe vulnérable grâce à une surveillance attentive du potassium. Cette étude jettera les bases d’essais à plus grande échelle visant à déterminer de manière définitive les effets de la finérénone sur cette population.