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Tho-Alfakar Al-Aubodah, PhD

Directeur(s) de recherche : Dre Menna Clatworthy
Prix : Bourse de postdoctorat KRESCENT
Établissement : l'Université de Cambridge, UK
Année : 2026-2029
Titre du l'étude : Comprendre le rôle des structures lymphoïdes tertiaires dans la progression de la MRC
Sujet(s) : Maladie rénale chronique

Biographie

Tho-Alfakar (Tho) Al-Aubodah est un immunologiste spécialisé dans l’immunologie fondamentale; il s’intéresse tout particulièrement à l’auto-immunité. Il a obtenu son doctorat en microbiologie et en immunologie à l’Université McGill, où il a étudié les mécanismes immunitaires sous-jacents au syndrome néphrotique idiopathique chez l’enfant, sous la direction de Ciriaco Piccirillo, Ph. D., et de la Dre Tomoko Takano. Au cours de cette période, il a développé une expertise en immunologie humaine en recourant à des outils d'analyse unicellulaire de pointe afin de mieux comprendre les processus biologiques à l'origine du dysfonctionnement des cellules immunitaires dans les maladies auto-immunes. Il est actuellement chercheur postdoctoral au sein du laboratoire de la Pre Menna Clatworthy à l'Université de Cambridge, où il utilise intensivement de nouvelles technologies de transcriptomique et de protéomique spatiales sur des tissus humains afin d'élucider les fonctions des cellules immunitaires dans des reins sains et malades.

Ses principaux centres d’intérêt sont le système immunitaire et, plus particulièrement, la manière dont les fonctions des cellules immunitaires sont intimement liées à celles du tissu dans lequel elles résident. C’est notamment le cas du rein, où les états normaux et pathologiques sont associés à des activités immunitaires distinctes; d’ailleurs, les médicaments ciblant le système immunitaire sont fréquemment utilisés pour traiter de nombreuses affections rénales. Son objectif est de mettre en place un programme de recherche visant à comprendre comment les fonctions des cellules immunitaires varient selon les tissus humains et les états pathologiques afin de contribuer à ouvrir la voie au développement de médicaments plus efficaces ciblant le système immunitaire.

Résumé grand public

Contexte : La maladie rénale chronique (MRC) est un problème mondial de plus en plus préoccupant. Elle touche environ 13 % de la population de la planète, dont 4,5 millions de Canadiens et Canadiennes et ce chiffre ne devrait cesser d'augmenter. Le principal facteur de risque de la MRC est l’insuffisance rénale aiguë, un événement soudain qui endommage les structures filtrantes délicates du rein. Bien que les causes de ces lésions soient diverses, elles créent toutes un contexte d’inflammation permanent dans le rein, ce qui empêche une guérison adéquate et entraîne, au contraire, la formation de cicatrices composées de cellules rénales anormales. Le système immunitaire joue ici un rôle central. Dans des conditions normales, les cellules immunitaires résidentes dans le rein surveillent l’organe et participent à sa réparation. Cependant, dans le cas d’une inflammation chronique du rein, ces cellules commencent au contraire à favoriser l’apparition de lésions. En coordination avec les cellules rénales atteintes, ces cellules immunitaires résidentes commencent à faire appel à d’autres cellules immunitaires provenant d’autres régions du corps. Parmi ces cellules immunitaires non résidentes figurent les lymphocytes T et les lymphocytes B. Ces cellules immunitaires sont uniques en ce sens qu’elles possèdent des récepteurs (pensez à des serrures) qui reconnaissent des antigènes très précis (pensez à des clés) présents sur les virus, les bactéries et les cellules cancéreuses, ce qui leur permet de répondre de manière très spécifique à ces agressions. Dans certains reins de personnes atteintes de MRC, ces lymphocytes T et ces lymphocytes B se regroupent en de petites structures organisées, appelées structures lymphoïdes tertiaires (SLT). La présence de ces structures est souvent associée à des problèmes rénaux, ce qui donne à penser que les SLT pourraient contribuer à la progression de la MRC. Les SLT ont une structure similaire à celle des ganglions lymphatiques de l’organisme, où les lymphocytes T et les lymphocytes B sont normalement confrontés à des antigènes (des clés qui s’adaptent à leurs serrures), deviennent actifs, puis déclenchent des réponses immunitaires contre ces antigènes. En fait, on sait déjà que des SLT apparaissent dans d’autres organes comme les poumons et l’intestin, où elles renforcent les réponses immunitaires contre les agents pathogènes envahisseurs d’une manière spécifique à l’antigène. Si les SLT qui soutiennent les réponses immunitaires spécifiques à un antigène sont bénéfiques en cas d’infection, ce serait en revanche néfaste si l’antigène était présent sur nos propres cellules. Cela amènerait le système immunitaire à attaquer nos propres cellules, provoquant ainsi des lésions importantes. Nous soupçonnons que c'est exactement ce que font les SLT dans la MRC : elles agiraient comme des plaques tournantes qui renforceraient les réponses immunitaires dirigées contre les reins, favorisant ainsi la progression de la MRC.

Objectif : Enrayer la progression de la MRC permettrait d'éviter à des millions de personnes au Canada de voir leur maladie évoluer vers un stade terminal et de leur épargner ainsi le recours à une dialyse à vie ou à une greffe rénale. Cependant, en raison de notre compréhension insuffisante des processus immunitaires favorisant cette progression, les traitements restent sous-optimaux. Ce projet vise à mettre en lumière la manière dont la niche cellulaire atteinte dans les reins favorise le développement des SLT et à déterminer les rôles que jouent ces structures dans la progression de la maladie.

Méthodologie : Nous prélèverons des tissus rénaux sur des donneurs décédés à différents stades de la MRC. Grâce à des outils expérimentaux et informatiques de pointe, nous établirons une cartographie de ces reins qui nous permettra de localiser toutes les cellules et nous fournira des informations sans précédent sur leur fonctionnement, notamment sur leur capacité à favoriser l’apparition de lésions rénales. Nous isolerons également les lymphocytes T et B issus des SLT et séquencerons leurs récepteurs (leurs serrures) afin de déterminer s’ils commandent effectivement des réponses contre nos propres cellules rénales. Nous relierons ensuite ces informations à des paramètres cliniques afin de déterminer quelles cellules et quelles activités cellulaires sont liées à la progression de la MRC.

Résultats attendus : Grâce à cette cartographie poussée des reins atteints de MRC, nous prévoyons mettre en évidence un axe de communication entre les SLT et les tissus environnants qui favorisent l’apparition de lésions rénales. Nous espérons également découvrir les indices environnementaux qui favorisent la formation des SLT.

Mobilisation des patients : Il n’existe actuellement aucun plan d’implication de patients, car les échantillons nécessaires à l’étude ont déjà été conservés dans une biobanque.

Pertinence pour les patients / la communauté : Les travaux que nous proposons contribueront à mettre en lumière les voies en cause dans la MRC qui pourraient à terme être ciblées pour bloquer la progression de la maladie. Ils permettront également de mieux comprendre, sur le plan moléculaire, la variabilité de la MRC et de soutenir une classification de la maladie fondée sur les causes plutôt que sur l’histologie.