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Dr Vikas S. Sridhar, PhD

Prix : Bourse Nouveaux chercheurs KRESCENT
Établissement : Université de la Colombie-Britannique
Année : 2026-2029
Titre du l'étude : Protéger le cœur et le rein après une greffe 
Sujet(s) : Transplantation

Biographie

Je suis membre de la Division de néphrologie à l’Université de la Colombie-Britannique, où je concentre mes recherches sur la réorientation et la diversification des applications d’agents thérapeutiques présentant des bienfaits avérés ou potentiels sur les plans cardiovasculaire, rénal et métabolique, en vue de leur utilisation auprès de nouvelles populations atteintes de problèmes rénaux chroniques. Sur le plan clinique, je veille à ce que les patients atteints d’insuffisance rénale reçoivent des soins de premier ordre avant et après une transplantation. L’un de mes principaux axes de recherche porte sur le diabète et la santé cardiovasculaire et rénale des patients ayant subi une transplantation d’organe solide. Ce domaine est relativement peu étudié, mais il présente un potentiel d’expansion considérable, malgré les progrès réalisés dans la réduction des taux de rejet aigu. La morbidité et la mortalité par maladies cardiovasculaires demeurent en effet fréquentes au sein de cette population. Ce problème est encore accentué par l’absence de traitements efficaces permettant d’améliorer les résultats cardiovasculaires, rénaux et métaboliques. Mon programme de recherche allie la physiologie rénale mécanistique et translationnelle et je participe à des essais cliniques à impact élevé, de tailles variables, menés auprès de populations de patients ayant ou non bénéficié d’une transplantation.

Résumé grand public

Contexte : La greffe rénale est le meilleur traitement pour l'insuffisance rénale. Elle permet aux patients de vivre plus longtemps et de se sentir en meilleure santé qu'avec la dialyse. Une greffe n'est toutefois pas un traitement curatif. De nombreuses personnes sont encore confrontées à de graves problèmes, notamment le dysfonctionnement du nouveau rein, voire un rejet de la greffe. Même de légères complications au niveau de la fonction rénale peu après la greffe peuvent entraîner plus tard des problèmes de santé plus graves, comme des troubles cardiaques, le diabète et une espérance de vie réduite. Il existe de nouveaux médicaments qui protègent à la fois le cœur et les reins chez les personnes n’ayant pas subi de greffe. Cependant, les personnes ayant reçu un greffon rénal n’ont pas été incluses dans les études qui ont testé ces médicaments; on ne sait donc pas avec certitude si ces traitements sont sûrs ou efficaces après une greffe. Résultat : ces médicaments ne sont pas utilisés de manière systématique et de nombreuses personnes greffées ne bénéficient peut-être pas de soins optimaux.

But : Notre programme de recherche vise à aider les receveurs d’une greffe rénale à vivre plus longtemps et en meilleure santé, en nous concentrant sur les causes communes des problèmes cardiaques, rénaux et métaboliques après une greffe. En comprenant comment ces complications surviennent, nous espérons identifier des traitements sûrs et efficaces pour protéger le rein, réduire les problèmes cardiaques et améliorer la qualité de vie des patients. Notre programme de recherche comprend trois objectifs principaux :  

  1. Comprendre comment les patients et les médecins prennent des décisions concernant ces médicaments et ce qui rend leur utilisation difficile.

  2. Tester l’efficacité et la sécurité de l’un de ces nouveaux médicaments, l’inhibiteur du cotransporteur sodium-glucose (SGLTi), après une greffe de rein.

  3. Évaluer dans quels cas ces nouveaux médicaments peuvent prévenir les lésions rénales précoces qui surviennent immédiatement au moment de la greffe.

Méthodologie : Le programme de recherche combine la participation des patients, des essais cliniques et des études de bases de données.

  • Pilier 1 – Participation des patients et des médecins : À l’aide de sondages et d’entretiens auprès de personnes greffées et de leurs médecins, nous apprendrons ce qui compte le plus pour eux, quelles sont leurs préoccupations et comment ils prennent leurs décisions concernant les nouveaux médicaments. En répondant à un questionnaire structuré, les participants évalueront les avantages et les risques de ces médicaments, pris seuls ou en association.

  • Pilier 2 – Essai clinique : Nous mènerons un vaste essai clinique multicentrique auprès de 900 receveurs de greffe. La moitié de ces personnes recevra une classe de médicaments appelés SGLTi et l’autre moitié recevra un placebo. Ils feront l’objet d’un suivi pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. La question principale est de savoir si le médicament permet de réduire le risque de complications cardiaques et rénales graves, tout en étant sûr et bien toléré.

  • Pilier 3 – Étude portant sur les lésions rénales précoces : Certains reins ne fonctionnent pas correctement immédiatement après la greffe. Ce problème touche de 20 à 30 % des receveurs et peut laisser présager des complications à long terme. Nous pensons que les SGLTi pourraient aider le greffon rénal à fonctionner correctement plus rapidement, plutôt que de mettre du temps à s’activer après l’intervention chirurgicale. Pour étudier cela, nous allons : 1. examiner des dossiers antérieurs pour voir si les donneurs traités par SGLTi présentent un risque moindre de voir leur rein greffé mettre du temps à commencer à fonctionner; 2. interroger les familles, les cliniciens et les patients sur les questions éthiques et pratiques liées à l’administration de médicaments aux donneurs et aux receveurs; 3. mener un petit essai dans lequel des SGLTi seront administrés à des donneurs décédés et aux receveurs de leur rein afin de vérifier si ce traitement est sûr et s’il aide le nouveau rein à commencer à fonctionner plus rapidement.

Résultats escomptés : Cette recherche permettra d’identifier les signes précoces de complications rénales, de mieux comprendre les causes de ces problèmes et de fournir des données sur la sécurité et l’efficacité des SGLTi pour les receveurs de greffe. Elle nous aidera également à apprendre comment utiliser ces médicaments tout en donnant la priorité aux patients et orientera les études futures visant à adapter le traitement à chaque personne.

Mobilisation des patients : Trois personnes greffées font partie de l’équipe de recherche. Elles participent à la conception des questionnaires et des entretiens, donnent leur avis sur les plans d’étude et aideront à interpréter les résultats. Leur implication permet de s’assurer que la recherche se concentre sur les questions qui importent le plus aux patients.

Pertinence pour les patients / la communauté : Ces travaux s’attaquent directement aux lacunes dans les soins post-transplantation. En fournissant des données claires sur des médicaments sûrs et efficaces qui protègent le cœur et les reins, le programme vise à prévenir les complications, à prolonger la durée de vie des greffons rénaux et à améliorer la qualité de vie des patients. Grâce à la participation active des patients et des médecins, les résultats seront concrets, éthiques et plus facilement transposables dans la pratique clinique.

Conclusion : Ce programme combine les avis des patients, des essais cliniques et des études scientifiques afin d’améliorer les soins après une greffe de rein. Il permettra d’identifier des médicaments sûrs, d’expliquer pourquoi des problèmes rénaux précoces surviennent et d’aider les patients et les médecins à prendre des décisions éclairées. Il vise en fin de compte à améliorer la survie, à prévenir les complications cardiaques et rénales et à établir une nouvelle norme de soins pour les receveurs de greffe.